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KAPPELKINGER ET SES CALVAIRES
Erigés entre 1756 et 1949 par nos ancêtres, signes de leur foi en Dieu, les calvaires furent porteurs d'espoirs, de remerciements, de demande de protection, et ils sont encore en 2009 les fiers témoins du passé de notre village.
Ils ont été à leur époque et pendant bien des années des lieux de prière, notamment lors des rogations (3 jours avant l'Ascension, chaque matin, on se rendait en procession à différents calvaires pour prier et obtenir la bénédiction des champs et des récoltes). D'autres étaient visités en procession le jour de l'Assomption ou lors de la fête du Scapulaire, ou encore à la Fête-Dieu, à la Saint Marc, aux Saints de Glace ...
Ce riche patrimoine et les thèmes variés évoqués par les différents calvaires présents sur notre commune méritent que l'on s'y intéresse et aussi qu'ils soient mis en valeur.

1832
Le plus éloigné du village et certainement le plus méconnu
Erigé à la croisée des chemins sur les hauteurs du Zelleweg, ce calvaire est dédié à Saint Christophe, protecteur des voyageurs. Situé sur le ban de Uberkinger, à gauche du chemin vers Hilsprich, sur les hauteurs du Zelleweg, tout en gré clair, il était visible de loin.
Encore au début du XXème siècle les gens se déplaçaient à pied et même pour rejoindre des contrées plus lointaines. Pour se rendre à Hellimer, puis éventuellement METZ, Saint-Avold...les Kingérois empruntaient le Zellerweg, passaient devant le calvaire puis descendaient le chemin creux qui mènent à Petit-Rohrbach, Nelling ou Petit-Tenquin.
Aujourd'hui le calvaire est un peu perdu entre les arbres et quelque bénévole tente de maîtriser la végétation qui envahit son environnement. Les chemins ne sont plus pratiqués et que quelques personnes s'intéressent encore à ce passionnant monument dont les sculptures ont plutôt bien résistées au temps.
En 1986, l'instituteur et ses élèves avaient constaté que ce calvaire était aligné avec les églises de Kappelkinger et de Vittersbourg.
Le Christ est sculpté dans la pierre et juste en dessous : Saint Christophe debout dans sa barque, tenant une perche d'une main et un enfant dans les bras.

Mise à part la date 1832 les inscriptions ne sont plus lisibles. On peut deviner : « ERRICHTET ZU EH... ».
En bas du calvaire, une femme affligée qui est certainement la Sainte Vierge.
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1788
"Hollewegkritz"
Situé au bas de la rue du Calvaire à gauche le calvaire est bien restauré, entretenu et fleuri. En grès des Vosges, il est entouré d'une grille en fer forgé restaurée en 1955. Le crucifix est en métal.
La sculpture unique de ce calvaire représente l'Archange Saint Michel terrassant le Mal (on peut encore voir une partie du dragon).
L'inscription est encore bien visible : « CETTE CROIX FUT ERIGEE EN HONNEUR A DIEU » Suivent les initiales des commanditaires : « PG K NSUK »
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AUCUNE DATE, mais estimé à 1948/1949
Il s'agit du calvaire le plus récent de notre inventaire.Situé au lieu-dit « Lettfeld », au bout de la rue de la Ritsch, à droite et à environ 100 m) il tourne le dos au chemin depuis le remembrement.
S'il était dégagé de la végétation qui l'entoure, on pourrait le voir à droite avant d'entrer à Uberkinger en venant du Val de Guéblange. Deux sapins avaient été plantés là à l'origine et au fil des années les haies et les ronces ont tout envahi.
Le calvaire est en terazzo gris-noir et ne porte aucun ornement en dehors de l'inscription sur la plaque de marbre blanc. Toutefois un crucifix en métal ornait encore cet humble calvaire en 1986 (cf.Théo Weissenbacher et ses élèves).
Il fut érigé par la famille BARBARAS - POTIER sur un terrain leur appartenant, pour rendre grâce à Dieu du retour de l'internement dans les Camps de la mort (Struthof, Flosselbourg puis Dachau) de M. Alphonse BARABAS lors de la 2ème guerre mondiale, arrêté en octobre 1941 et libéré en avril 1945.
L'inscription est encore visible : DEO GRATIAS FAMIILLE BARBARAS -POTIER » « Grâce à Dieu »
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1821
Situé en bordure de la Rue de l'Albe à hauteur du numéro 31 ce calvaire veille sur le passant. Il est malheureusement très endommagé par l'érosion.
Erigé en grès des Vosges il est riche en sculptures et en symboles.
Le Christ est sculpté dans la pierre. A sa gauche on peut encore deviner la silhouette de la Sainte Vierge Marie et à sa gauche figure l'Apôtre et Evangéliste St Jean portant un livre sous son bras. Une tête d'ange veille au dessus de la scène.
En dessous on aperçoit encore bien nettement l'Archange Saint Michel terrassant le Mal représenté par un monstre (dragon ?). Il porte d'une main une arme et de l'autre un bouclier.
Les inscriptions sont pratiquement illisibles aujourd'hui notamment dans sa partie supérieure. En 1986, constat avait été fait qu'y figuraient des inscriptions tantôt en allemand, tantôt en français.
La partie basse inférieure est encore lisible :DIS CREUZ IST AUFGERICHT ZU EHREN GOTES NIC.MI 1821
Traduction : « CETTE CROIX EST ERIGEE EN L'HONNEUR DE DIEU »
Suivent certainement les commanditaires : NIC. MI , puis l'année d'érection : 1821.
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Croix de bois. Pas de date d'érection précise.
Située sur l'usoir rue de l'Albe à la jonction de la rue du Calvaire. Aucune inscription n'y figure.
La mémoire populaire : Il semble qu'il y a environ 150 années poussait par là un arbre en forme de croix. Coupé à plusieurs reprises, il s'obstinait à repousser en forme de croix. Le propriétaire de la maison située juste derrière érigea alors à cet endroit une croix en bois.
Toujours selon la mémoire populaire, la croix fut déplacée il y a environ 80 ans car elle gênait pour les travaux agricoles. Par la suite elle fut restaurée à plusieurs reprises, la dernière fois en 1983 par Léon Port et Lucien Closset.
Autrefois la croix avait la forme d'une croix tyrolienne comme on peut le constater sur la photo ci-dessous qui date de l'hiver 1942/1943.
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1861
Monument érigé en l'honneur de la Vierge nous l'incluons dans notre inventaire des calvaires. Il est caché dans la verdure au bord de la rue de l'Albe, devant la maison de M. Prosper Potier. Entouré d'une grille en fer il est en pierre taille.
Cette statue était honorée notamment le 15 août et à la fête du Scapulaire qui avait lieu le 16 juillet.
Inscription : « Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous... » Suivi de : Errichtet von Johannes u. Christoph Pottier - 1821
Traduction : "Erigé par Jean et Christophe Pottier"
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1945
Situé devant le 28 rue St Jacques, c'est-à-dire à droite en allant vers Insming ce calvaire fut érigé par la famille de M. Roch Alphonse, en remerciement et reconnaissance à Dieu pour le retour de la guerre de leur fils.
Il est entièrement en terrazzo gris, le Christ est en bronze et la plaque commémorative qui s'est détachée du monument est en marbre blanc.
Les inscriptions : Elles sont presque illisibles. Ont peu y déchiffrer : O CRUX AVE SPES UNICA. Ce qui donne : «O CROIX SALUT ESPERANCE UNIQUE » - Suivi de : « La Famille ROCH RECONNAISSANTE 1945 ».
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1873
Un très joli calvaire. Il est caché par la végétation au bord du chemin qui prolonge la rue de la Forge, à droite.
Constitué de plusieurs blocs de grés il s'élève à trois mètres de haut. Il est encore bien conservé et comporte 2 magnifiques personnages sculptés.
Le Christ en bronze est surmonté de l'inscription I N R I (Jésus de Nazareth Roi des Juifs).
Au dessus des personnages sculptés on peut déchiffrer : S M
Il s'agit à gauche de la Vierge Marie et à droite de St Jean, comme le confirme les inscriptions qui figurent directement en dessous.
Les inscriptions : S MARIE S JEAN
Les initiales qui figurent de part et d'autre de la fleur centrale et celles qui sont situées en dessous ne sont plus très lisibles.
En 1986, Théo Weissenbacher, instituteur et ses élèves avaient relevé : HB (au centre : une fleur) IB
S MARIE S JEAN
FH NH NH IB
Qui a pu graver ces date ? Quand et pourquoi ? Nul ne le sait.
La date de 1873 est inscrite dans le bloc qui constitue la base du calvaire, centrée tant en largeur qu'en hauteur, ce qui laisse supposer qu'il n'y avait pas d'autres inscriptions.
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1834 ou 1854
Il se dresse tel un veilleur usé et fragile devant le n° 1 de la rue de la Gare. Il est très dégradé par l'érosion et c'est bien dommage car il était riche en sculptures.
Il est constitué de 4 blocs de grés maintenus ensemble par des barres de fer. Le Christ est sculpté dans la pierre. Il est surmonté d'un drapé et de l'inscription
J N R J. (Jésus de Nazareth !rois des Juifs). Les autres sculptures ont été effacées par le temps.
En 1986, les élèves et leur enseignant Théo ont encore relevé des sculptures qui pouvaient être des brebis sur le bloc central. Aujourd'hui elles ont disparues, rongées par l'érosion. Quel dommage ! En dessous nous pouvons encore deviner des personnages et il s'agit certainement de la Sainte Vierge Marie et Saint Jean.
Plus aucune inscription n'est plus visible sur ce monument et l'on peut supposer qu'elles figuraient probablement sur le bloc formant la base.
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1890

Situé dans la rue de la Gare, ce beau calvaire bien particulier, de part sa forme et sa richesse en personnages.
La tradition orale situe sa datation dont l'inscription ne figure plus sur le monument (peut-être sous le mortier à sa base...). Le monument fut endommagé lors de la seconde guerre mondiale.
Il a été érigé par l'Abbé Tarral, curé de Kappelkinger de 1887 au 1.11.1921.
En sa partie supérieure, la croix en granit supporte un Christ surmonté de l'inscription J.N.R.J. Elle a été rajoutée au monument en 1960.
En partie centrale : à gauche nous avons la statue de MARIE et à droite celle de ST JEAN.
Ces statues sont en fonte et elles ont été coulées dans une fonderie de la Meuse par le Maître de Forge L. GASNE (cf. Théo).
Au milieu, la statue de Sainte Marie Madeleine portant un crâne de sa main gauche et une croix de sa main droite. Le crâne symbolise sa participation au calvaire du Christ, c'est-à-dire à sa mort et à sa résurrection.
La tête de la statue (qui est un moule) a été arrachée par un éclat d'obus en 1944 et lors de la rénovation des peintures une tête a été remodelée par un riverain dans les années 1990. Cette dernière semble moins résister au temps que la statue elle-même.
L'inscription en allemand est très visible. Traduction :
« QUICONQUE PRIE DEVANT CETTRE CROIX 5 « NOTRE-PERE » ET 5 « AVE MARIA » GAGNERA UNE INDULGENCE DE 40 JOURS »
Dernière scène représentée sur le bas du monument :.« JESUS EST DESCENDU DE LA CROIX » Nous reconnaissons St Jean tenant le corps de Jésus, Marie sa mère qui le soutient et Marie-Madeleine qui lui tient la main.
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1756
Il s'agit là du plus ancien calvaire du village. Il est situé au bord de la route sur la propriété du 01de la rue de l'Albe et fut détruit lors de la tempête du 26.12.1999 par la chute du noyer qui était planté derrière. Il a été entièrement restauré à la demande et à la charge des propriétaires du terrain et a été remonté le 17.03.2004 par l'entreprise Peltre de Nébing.
Avant sa restauration un Christ en bronze ornait la croix. Mais selon les historiens celui-ci a été rajouté au fil du temps, car à l'origine ce genre de monument ne portait pas de christ. Lors de la restauration il en a donc été tenu compte.
Au haut de la croix, la traditionnelle inscription « I N R I »
Une unique sculpture orne le monument. Il S'agit d'une femme, le cœur transpercé par un glaive. Ce ne peut être que la Vierge Marie souffrant par la mort de son fils.
Les inscriptions : ZU EHREN
GOTTES HAB ICH
DIES CREUZ AUFGE
RICHT IACOB AN
SCHLING ANO
1756
Traduction : En l'honneur de Dieu j'ai érigé cette croix - Jacob ANSCHLING en l'an 1756.
Ce calvaire est entouré par une grille en fer forgé qui a été réalisée dans la forge qui été située sur le même terrain et qu'ont encore connue les anciens de notre village. Le petit portail du côté a hélas été dérobé il y a quelques années.
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1828
La Croix des Missions. Un calvaire que nous côtoyons régulièrement sans trop y prêter attention. Il est situé à droite de l'entrée de l'église St Jacques.
A la base de la croix de bois figurent 1828, date d'érection du calvaire et 1921, date à laquelle la croix aurait été rénovée.
A gauche : la statue de Marie, le cœur transpercé de glaives représentant sa souffrance qui se lit aussi sur son visage à l'expression douloureuse tourné vers le Christ sur la croix ;
A droite : la statue de l'Apôtre St Jean le visage également tourné vers le Christ
Au centre : sculptés dans la pierre, la couronne d'épines, le marteau, les clous et la tenaille.
Les inscriptions sont en allemand :
A gauche "Qui récite 5 Ave devant cette croix obtiendra une indulgence de 40 jours".
A droite "Cette croix fut en premier érigée en souvenir d'une mission en l'an 1828 puis établie en souvenir du Jubilé de 1900-1901".
En dessous au centre nous trouvons, sculptée dans la pierre, une représentation "Jésus descendu de la croix", avec les personnages suivants : de chaque côté un soldat portant le Christ, Marie-Madeleine tenant sa main et derrière Marie, sa mère.
Remarque : Les chevilles et les pieds du Christ ont disparus du bas relief, la pierre étant cassée.
Ce calvaire était particulièrement mis à l'honneur lors des semaines missionnaires qui étaient autrefois organisées dans la paroisse par le diocèse.
Il faut savoir que le 1er Jubilé catholique fut décrété par le Pape Boniface VIII en 1300. Un Jubilé eu lieu alors tous les cents ans. En cette année 1900 eut dont lieu le 22ème Jubilé. En sachant que l'année du Jubilé on pouvait obtenir l'indulgence plénière dans des conditions bien précises incluant un pèlerinage à Rome avec visite des basiliques majeures. Si l'on ne pouvait se rendre à Rome on pouvait encore obtenir l'indulgence pendant l'année suivante - D'où 1900-1901-. Le Jubilé correspond de nos jours à l'année Sainte décrétée par le pape.
En cette année du Jubilé 1900 eu également lieu à Kappelkinger une Semaine Missionnaire, d'où l'inscription de cette date sur le monument.
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Détails du Christ
Adossé au mur arrière de l'église ce calvaire domine le cimetière. Il s'agirait de la 1ère croix des missions qui fut plus tard remplacée par celle de 1828. Nous n'avons aucune date concernant son érection. A supposer qu'il puisse dater de la construction de l'église (achevée en 1732), on peut dire qu'il est encore relativement bien conservé.
Des motifs floraux parfaitement conservés ornent le tronc de la croix et le Christ est directement sculpté dans la pierre.
Document et photos produits par Marie Fernande ZINCK
1, rue des Jardins 57430 Kappelkinger
Janvier 2009
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